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Arnaud Collery : "Créer une machine à empathie"

Baroudeur pendant près d’une quinzaine d’années, la vie d’Arnaud Collery prend un tout autre sens lors de son expérience dans une tribu amazonienne. « La façon dont ils travaillaient ensemble, je me suis dit que c’est ce que je voulais amener dans le reste du monde. Je me prends au jeu, je me dis que je peux l’amener dans le monde de l’entreprise et que cela allait aider les autres à devenir une meilleure version d’eux-mêmes. » C’était en 2014. Il devient l’un des premiers Chief Happiness Officer, lui le passionné de bonheur et de développement personnel. Rencontre.

Le 29 juin 2018
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Comment êtes-vous devenu Chief Happiness Officer ?

Arnaud Collery :Lorsque je me lance en janvier 2014, c’était très difficile à l’époque, j’étais pris pour un fou. Aujourd’hui, cela s’est démocratisé. Mais je me suis dit : « ce n’est pas grave, c’est ma vocation, c’est là où je peux me réaliser ».

Quelle est votre définition du CHO ?

Il s’occupe de deux choses : la résilience en entreprise et l’empathie. Son but, c’est de créer une machine à empathie qui provient des énergies de tout le monde.

«Permettre aux gens de savoir pourquoi ils sont là»

 

Comment s’intègre-t-il dans l’organisation d’une entreprise ?

 

L’entreprise doit être un endroit où vous pouvez vous épanouir. Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises entreprises, je crois qu’il y a des entreprises qui n’ont simplement pas cette culture du bien-être. Le management doit créer un incubateur de bien-être. Ou alors, c’est que l’entreprise n’est pas faite pour vous ou qu’il n’y a pas de compatibilité entre les deux parties. Le métier de CHO doit comprendre tout ça. Il doit permettre aux gens de savoir pourquoi ils sont là, et de le mettre en lien avec ce que veut l’entreprise.

Le bien-être au travail, est-ce une mode ou une nécessité ?

Ce n’est pas une mode du tout ! Beaucoup étaient réticents à parler des softs skills, de relation humaine en entreprise. C’est devenu une nécessité car les entreprises sont condamnées à échouer si elles ne donnent pas du sens au travail à ses employés.

Quelle va être la valeur ajoutée pour les entreprises qui s’intéresse au bien-être de leurs employés ?

Personne ne va vouloir partir ou très peu. C’est très concret car c’est le problème numéro 1 des entreprises : garder ses employés. Et c’est le seul outil qui le permet. Ce n’est pas en offrant des pizzas le vendredi soir ou augmenter le salaire de 5% qui va les faire rester. S’il n’y a pas de sens, cela ne les intéressera pas, ils partiront.

Comment convaincre les personnes réticentes ?

On n’a pas besoin de convaincre les gens, on impose pas le bonheur. Il faut voir ce qui peut fonctionner, ce qui peut émerger, et chaque entreprise est différente. Mon travail en amont est de comprendre la culture d’entreprise pour s’adapter.

Si le bonheur au travail est une utopie, comment définir le bien-être au travail ?

C’est être mieux ensemble. Pourquoi ? Pour plus de productivité et plus de créativité.

 

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