Partagez et enrichissez ce contenu avec votre perception

Jean-Michel Besnier, agrégé de philosophie, officiant dans l’enseignement supérieur depuis les années 80, s’est fait une spécialité d’observer l’évolution des technologies contemporaines. Il s’est fait remarquer par la sphère RH avec Les Robots font-ils l’amour ? Un essai écrit à quatre mains, avec Laurent Alexandre – fondateur de Doctissimo, où les deux experts comparent leurs points de vue sur l’accélération technologique. Un travail qui leur a permis de remporter le Stylo d’Or 2017. Entrevue.
Livre-stylo-dor_mockup

Les Robots font-ils l'amour ?

Jean-Michel Besnier, agrégé de philosophie, officiant dans l’enseignement supérieur depuis les années 80, s’est fait une spécialité d’observer l’évolution des technologies contemporaines. Il s’est fait remarquer par la sphère RH avec Les Robots font-ils l’amour ? Un essai écrit à quatre mains, avec Laurent Alexandre – fondateur de Doctissimo, où les deux experts comparent leurs points de vue sur l’accélération technologique. Un travail qui leur a permis de remporter le Stylo d’Or 2017. Entrevue.

Surpris par cette récompense du stylo d’Or ?

Très, je pensais que Laurent Alexandre et moi avions été retenus pour la forme. D’autant plus que la cérémonie m’a permis d’écouter des challengers convaincants, bien plus « dans le sujet » RH que nous. Au cours de la cérémonie, j’ai compris que finalement, dans le monde RH, il y avait une sensibilité tout à fait en phase avec la mienne.

Voyez-vous dans cette récompense une certaine prise de conscience des professionnels RH ?

C’est effectivement cela que me semble traduire cet intérêt pour la réflexion que nous menons dans cet ouvrage. Il s’agit bien de savoir si nous sommes actuellement en train de forger les instruments de notre destitution. De manière caricaturale, est-ce que l’intelligence artificielle va prendre le pouvoir ? Je rappelle les résultats d’un rapport récent de l’OCDE qui annonce que 87% des gens qui travaillent aujourd’hui pourraient être remplacés bien plus efficacement par des machines. Je peux comprendre que des professionnels RH voient la chose avec beaucoup d’inquiétude.

N’est-ce pas rassurant de voir l’intérêt de l’ANDRH pour un sujet comme celui de votre ouvrage ?

Il y a une vraie réflexion de fond à mener. J’ai pu rencontrer lors de la remise de prix, des humanistes, considérant que le privilège de l’humain doit être inconditionnel. Je veux bien que les responsables RH représentent la résistance de l’individu. Mais n’oublions pas les rapports de force qui font que l’efficacité, la performance, la compétitivité, le retour sur investissement sont premiers en entreprise. Tout ce vocabulaire a « contaminé » la vie quotidienne. C’est ça le rapport de force. Ne faisons pas dans l’angélisme en considérant que, parce que l’on tient le discours de l’homme, on est dans la vérité. On se moque de plus en plus de cette dernière dans le monde qui est le nôtre. On veut de l’efficacité.

Ne sommes-nous pas à un moment charnière ?

On est au moment où l’accélération technologique est au plus haut point. Les entreprises sont en train de se transformer radicalement et elles sont condamnées à suivre le courant. La dématérialisation, la miniaturisation, la convergence technologique déconcertent les entreprises. Regardez la montée du bitcoin. Tout cela va constituer une donne nouvelle pour laquelle les entreprises ne sont pas forcément armées. Sont-elles condamnées à suivre le mouvement et à rentrer dans la dynamique ? Peuvent-elles prendre des initiatives en matière de reconversion ?

encart-journal-N2

Téléchargez le 2e numéro de notre revue Perceptions pour découvrir d’autres articles, interviews et dossiers RH !