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Recrutement et personnalité sont étroitement liés. Si pendant des années les compétences techniques ont été les principaux critères de sélection, les softs skills sont désormais autant, voire plus, prisées lors d’un processus d’embauche. Les cabinets de recrutement, de plus en plus nombreux à prodiguer leurs conseils, sont également sollicités sur cette thématique. Nous sommes allés à leur rencontre pour connaître leur point de vue.

 
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Jacques Froissant

Président d'Altaïde

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Florent Letourneur

CEO d’Happy To Meet You

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Stéphanie Florentin

CEO d’Edgar People

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Le savoir-être est une thématique, désormais, indissociable du recrutement. Pourquoi est-il tant mis en avant ?

Stéphanie Florentin : On se rend bien compte qu’à compétences techniques égales, ce sont les softs skills qui font la différence. Les compétences métiers sont facilement évaluables, c’est un peu plus compliqué pour les softs skills. Pour que le recrutement, l’intégration se passent bien et que la relation perdure entre un nouvel arrivant et l’entreprise, je pense qu’il faut absolument, pour l’entreprise, « se poser » et valider les softs skills attendus. Et pour le candidat, de voir s’il va s’y retrouver et s’il y a une adéquation dans la durée.

"Mettre de côté le CV"

Florent Letourneur : Le marché du recrutement est en plein bouleversement que ce soit par la pénurie de candidats sur certains profils ou par les avancées technologiques. Les recrutements traditionnels basés sur les diplômes et l’expérience passée ne suffisent pas. Je consacre 80% du temps d’un entretien de recrutement aux envies, aux attentes, aux projets d’un candidat. Cela me permet de mieux les comprendre et de leur proposer un poste, une entreprise, en adéquation avec leurs profils.

Jacques Froissant : Les softs skills, on en parlait déjà il y a 25 ans. Après ce qui fait que je vais recruter un individu dans mon entreprise, c’est sa personnalité. Quand je rencontre un candidat, je vais valider des points techniques, mais je vais m’attacher à savoir comment sa personnalité se traduit dans le travail.

En tant qu’experts du sujet, quelle est votre vision d’un bon recrutement ?

S.F. : Il faut mettre le candidat dans le meilleur état d’esprit possible, parce que ce n’est pas dans une situation de stress qu’il va donner le meilleur de lui-même. Il faut le mettre dans une posture où il ne sait pas quelle question il va avoir, mettre de côté le CV. Mesurer les softs skills rassure le client et/ou le cabinet et cela permet aux candidats d’avoir des infos, quelque chose de concret, grâce aux résultats. L’outil ne va pas permettre de prendre des décisions, mais donne un autre éclairage sur la décision à prendre.

 

"Chaque entreprise, chaque poste à pourvoir, chaque candidat est différent !"

F.L. : Le but du recrutement est d’apporter une valeur ajoutée à l’entreprise, mais également de renforcer l’expérience et les compétences du candidat. Il y a une démarche indispensable en amont : comprendre les attentes réelles sur le poste à pourvoir afin d’en dégager un profil de candidat. Une fois déterminé, il y a la période de l’entretien. Aujourd’hui, ce dernier n’est plus un rapport de force mis par le recruteur via des « questions pièges ». Un entretien va également prendre en compte la personnalité du candidat. Le recruteur se doit de déterminer le potentiel, l’état d’esprit du candidat et le mettre à l’aise pour avoir de la sincérité, ainsi qu’un échange plus fluide.

J.F. : Depuis quelques temps, les réseaux sociaux sont au cœur des stratégies de recrutement. À la fois pour diffuser sa marque employeur, mais aussi pour communiquer avec les candidats. Avant, on diffusait des annonces et on triait des CV. Aujourd’hui, un recruteur qui n’a pas de dimension web marketing va passer à côté de beaucoup de choses.

Les Soft Skills sont, donc, de plus en plus recherchés lors d’un recrutement. Quelles sont les évolutions, à apporter lors de ce processus ?

S.F. : Il y aura toujours besoin des cabinets de recrutement, mais certainement sur des métiers plus pénuriques qui requièrent des spécificités que ce soit sur les hards skills ou softs skills. Je pense que cela rassure les entreprises de passer par ces intermédiaires.

 

"Il faut donc s’adapter pour gagner en efficacité et recruter"

F.L. : Mettre l’humain au cœur du recrutement en accordant une attention toute particulière à la personnalité, aux soft skills, des candidats est indispensable. Chaque entreprise, chaque poste à pourvoir, chaque candidat est différent ! Pour cela, il est nécessaire que les recruteurs, RH ou managers, soient formés au soft skills afin d’éviter les préjugés qu’ils pourraient avoir spontanément (le dynamisme n’est pas l’apanage que des jeunes, par exemple).

J.F. : On est en train d’absorber une révolution dans le mode de recrutement avec l’arrivée des réseaux sociaux et le marketing digital. C’est encore très loin d’être intégré et compris par les recruteurs et RH dans les entreprises. Il faut donc s’adapter pour gagner en efficacité et recruter.

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